(64) Par Marie JULIE –

À partir d’entretiens, de textes et de l’analyse de la pratique artistique de l’artiste paresseuse qui agit sous le pseudonyme Another Lazy Artist depuis janvier 2020, nous questionnerons les enjeux de la paresse comme pratique artistique.

Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme

Sidonie-Gabrielle Colette

La paresse, selon les entretiens conduits, de manière informelle, avec Another Lazy Artist et dans des espaces configurés tels que les apéros de la Flemme (1) nous introduisent dans le sanctuaire d’une posture d’artiste qui se présente, de nature invisuelle : sans production d’œuvre. La déclaration comme mode opératoire est héritée de Lawrence Weiner et le refus de l’objet d’art est un stigmate de l’art duchampien. L’ensemble de ses textes sont produits et diffusés sur les internets. Ce sont des états des lieux de l’industrie culturelle et de ses fonctionnements et ses principes d’élection de ce qui fait « art » ou pas et des difficultés de la condition d’artiste et plus précisément, de la femme artiste. Dans la déclaration du 30 janvier 2020, l’artiste paresseuse précise même que la condition de mère est incompatible avec la production d’œuvres d’art. La sensation est que ce que recouvre, ici, la terminologie d’œuvres d’art désigne les typologies classiques d’œuvres d’art dans les arts visuels.

Sur ce refus de la visualité comme simple caractéristiques de l’œuvre d’art, l’artiste paresseuse s’inscrit dans une longue lignée d’artistes tels que Gustav Metzger, qui institua une grève de l’art, et, dans les années 60, les Street Works (2) qui convoquent les notions de confidentialité, d’invisibilité.

D’autre part, dès le début des années 1980, l’agent d’art Ghislain Mollet-Vièville (3) adopte une posture radicale en déclarant « I have nothing to show and I’m showing it ».

L’analyse suivante de la pratique de l’artiste paresseuse se veut non exhaustive. C’est une analyse poétique car loin d’usurper la fonction de critique d’art ou d’historienne de l’art, il nous semble important et nécessaire de mettre en lumière des pratiques artistiques contemporaines, qui interrogent dans leurs processus les relations qu’entretiennent art contemporain et les dispositifs de production utilitariste.

L’artiste est denrée périssable où les démarches sont interchangeables au son des modes médiatiques dont l’industrie culturelle et le commerce de l’art éditent les codes, à chaque nouvelle saison. Notre analyse se décline en quatre fenêtres ouvertes sur l’activité paresseuse de la Lazy Artist : le désir de contagion, l’invisualité comme posture déclarée, l’aproductivité* comme économie et l’art invisuel comme horizon de genre d’art. Ces fenêtres s’adossent à la fois aux contenus textuels publiés par Another Lazy Artist sur sa page Facebook (4) en 2020 et à un certain nombre de rencontres en ligne, orchestrées avec des complices permanents ou de passage et du Laboratoire des arts de la paresse (5). Après avoir posé le cadre et l’intentionnalité du texte, présenter le topique d’où l’artiste paresseuse puise l’origine de sa pratique est indispensable.

De l’artiste paresseuse, nous ne savons rien ou presque ; ou plus exactement nous serons vigilants à préserver son anonymat.

Elle semble avoir œuvré dans l’industrie culturelle et des institutions publiques d’art contemporain. Ses missions étaient, peut-être, des actions telles que la réception de l’œuvre d’art, la transmission de données autour de démarches d’artistes, etc. Il apparaît qu’elle semble être mère car la présence d’un enfant est récurrente dans ses posts déclaratifs. Enfin, il apparaît qu’elle cultive l’humour, la dérision tout en pointant de manière délicate, les conditions d’existence de l’artiste en France et sans doute ailleurs, tout particulièrement quand celui-ci a plusieurs assignations tels que le genre, sa notoriété et autres critères en usage par des dispositifs et leviers engendrés par l’ère de la méritocratie. (6)

Nous savons aussi qu’elle est entrée en contact avec Alexandre Gurita (7) inventeur de la terminologie d’art invisuel (8), directeur de la Biennale de Paris et de l’École nationale d’art de Paris (ENDA) (9). Et, que celui-ci a été l’un des premiers à l’encourager à persévérer dans sa pratique.

Ce bref portrait posé de I am Another Lazy Artist, que nous nommerons ALA, nous pouvons plonger dans la première fenêtre à laquelle nous invite la paresse.

La paresse est-elle contagion ou une aire de jeu solitaire ?

Contagion ou aire de jeu solitaire ?

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que moins, c’est plus.

ALA, le 3 mars 2020 (Ft. L. Mies Van der Rohe)

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que je consacre l’entièreté de mon temps à
expliquer pourquoi je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui.

ALA, le 18 mars 2020

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que toute œuvre d’art est une fiction qui vient s’additionner au réel pour en écrire la suite…

ALA, le 31 mars 2020

La paresse d’ALA utilise les grands bistrots numériques, que sont les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn et Twitter, qui fut déserté assez vite) pour se rendre visible. L’artiste offre ainsi un panorama de ses activations de paresse dans sa vie.

La frontière est fine entre la construction de ce personnage d’artiste et de la personne qui en joue le rôle derrière son clavier.

Bien qu’elle refuse la fiction comme une issue du réel, ALA questionne dans ses posts une pratique artistique par l’usage du récit. Elle utilise une mise en abîme du je et par le jeu, en construisant le personnage d’une paresseuse énigmatique, drôle et sarcastique.

Elle emploie le featuring citationnel (10) pour convoquer des artistes, des auteurices et des fois, d’autres anonymes.

Le featuring citationnel devient un nouvel outil ou médium ; la non-création d’œuvre prend valeur de représentation d’une nouvelle forme occupationnelle du temps, de son temps. ALA exprime, ici, un désir de contagion du réel par ses récits publiés : le « lecteur-spectateur-usager » du réseau social peut les imaginer comme vrai ou les interpréter comme posture artistique.

A.L.A manifeste ainsi le désir de contagion, orienté du milieu de l’art, peut-être plus spécifiquement de l’art contemporain avec une pratique aproductive textuelle ; aproductive parce que le choix même du dispositif de monstration, les réseaux sociaux est volatile mais pas immatériel et sans volonté de productivité efficace, textuelle car c’est une écriture qui se déploie dans des déclarations et plus récemment, par la rédaction de charte, d’un horoscope, d’une offre d’emploi.

Et qui se définit, comme ancrée dans le réel avec une visibilité ajoutée dans les réalités numériques.

ALA décrit cette réalité, que celle-ci soit celle vécue ou écrite pour le rôle de paresseuse, avec un humour et facéties, l’art contemporain et les jeux de rôles de celui-ci, dans la construction d’une carrière d’artiste, économiquement et symboliquement reconnue.

Elle invente donc une nouvelle langue, la sienne propre et c’est en cela peut-être que se révèle son désir de contagion.

L’une des vocations d’une langue est de communiquer et de mettre en partage le sensible et les signes de quelque chose qui ne possède pas encore un cadre référentiel.

Les bancs-titres d’ALA sont donc les premiers babils d’une potentielle future langue internationale, celle de la paresse ; car pour continuer sur la métaphore de la langue, la paresse est déjà langue vernaculaire : il existe autant de paresses que d’individus sur la planète et il existe aussi des formes culturelles de paresses. Et celle-ci, peut aussi être une forme déployée dans l’économie ; que cette économie soit fille de l’économie contributive ou de l’Ultra Libéralisme. Entre les participants d’œuvres collaboratives et les actionnaires de grandes entreprises il existe beaucoup de similitudes insoupçonnées.

Mais ne digressons pas, restons sur notre fenêtre et sur ce que celle-ci, nous offre à voir, de manière pragmatique. Le choix de la fenêtre comme figure n’est pas anodin : sur les internets, en particulier sur les réseaux sociaux, ce qui se présente à soi prend la forme d’une fenêtre. Et chacune des pancartes d’ALA indique une parcelle de l’intimité de sa paresse, affichée comme pratique artistique et forme d’art d’un genre nouveau. L’oisiveté, le refus de travailler ne sont pas nouveaux dans les caractéristiques et les attributs, clichés de l’artiste. C’est précisément avec ces clichés que jouent les déclarations d’ALA. Ces clichés sont la matière de ses déclarations. Les déclarations agissent comme les règles du jeu, « Le solitaire » où ALA retourne, à chaque nouvelle publication, une carte déclarative que ses followers.euses sont amené.es, avec ou sans, elle, à replacer dans une esthétique de la paresse active.

De quelles invisualités s’érigent ces cartes déclaratives ?

Inivusalités, un art sans œuvre d’art et sans followers

J’entends nombre de personnes dire que le confinement est une aubaine pour eux car ils ont enfin du temps pour créer des choses puisqu’ils ne peuvent rien faire d’autre. (Ils appellent ça « homeart ».) Mais depuis quand l’art est quelque chose que l’on fait quand on n’a rien d’autre à faire ?! Le confinement est une aubaine pour moi, avoir autant de temps disponible pour ne pas créer d’œuvres d’art.

ALA, le 8 avril 2020

Je ne produirai pas d’œuvre d’art aujourd’hui. Je n’ai pas choisi le domaine de l’art contemporain pour être « productive », et encore moins « efficace ».

ALA, le 18 avril 2020

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui car c’est un luxe dont je n’ai pas les moyens.

ALA, le 28 avril 2020

Les éphémérides de ce curieux journal intime égrènent à mesure que défilent les saisons, différents asanas, postures d’une paresse qu’ALA oriente vers l’œuvre d’art en tant que fabrication d’objets ou de parcelles créatives, une réflexion qui interroge la nature artistique de l’œuvre, son temps, les moyens de sa production et son économie. En précisant en avril 2020, qu’elle n’a pas choisi le domaine de l’art contemporain pour produire de manière efficiente, l’artiste pointe ici, l’adage qui supposerait que l’ art contemporain est un domaine débarrassé d’une quelconque valeur d’usage de l’acte artistique et que la création d’œuvre d’art, serait une activité qui exige des moyens financiers et de mises en vues. Il nous apparaît intéressant à ce stade d’établir un parallèle entre cette posture et celles adoptées par d’autres artistes dont les pratiques artistiques seraient connexes.

Là où souvent les démarches artistiques proposent d’habiter les vides du monde par des fragments d’histoires vécues dans un autre temps, ALA s’empare de ce qu’elle repère et circonscrit comme vides dans le monde et les présente telles quelles sans ornements, sans dimensions spectaculaires.

La paresse d’ALA est crue, vraie. C’est une paresse qui s’affranchit des modalités expressives exigées par l’art contemporain.

Ne rien faire, ne pas faire, faire autrement, refuser de faire, oublier de faire, remettre à plus tard : autant de ruses pour s’affranchir d’une injonction toujours plus grande : « travailler plus pour produire plus ». ALA défait cette injonction et laisse percevoir d’autres réalités possibles pour travailler. La réalité de l’artiste paresseusse est effleurée et certains de ces pans, consignés sur une page facebook.

Ces micros récits opèrent « comme un art sans œuvres » pour reprendre les termes de Stephen Wright (11).

L’invisualité réside que l’essentiel de la paresse n’est pas vue. Elle est racontée. Elle opère comme une rumeur, un conte, un murmure que les followers d’ALA repartagent sur leurs propres réseaux, dans leurs conversations hors les internets et qui sait, peut-être même l’expérimentent-ils dans leurs propres vies.

Les règles du jeu et l’économie de la pratique artistique de la paresse s’installent ainsi de manière furtive, pirate ou parasite.

Qui sont les porteurs, les précurseurs de ces nouvelles postures, de ces nouvelles économies d’aproductivisme ?

Bartleby & après : aproductivisme

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui. Ne rien créer est déjà suffisamment difficile comme ça, lorsqu’on essaie de faire ça bien.

ALA, le 3 juin 2020

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que je n’ai plus rien à prouver à personne.

ALA, le 13 juin 2020

Si ALA est une héritière de Bartleby, sa pratique a contaminé, désormais, de manière discrète des interstices des mondes l’art contemporain. En 2021, deux de ses partitions « Invitations à la Paresse » ont été activées dans le cadre du programme curatorial « Je peux le Faire » de Jacques Rivet et Marie-Laure Vialle, porté par le site www.lieuxpublics.org qu’elle a élaboré avec l’artiste et curateur indépendant Sébastien Rouet, de A 2 du Pas du Sacre, une non exposition définie par une charte qu’elle a écrite.

Cette sortie de la pratique artistique de la paresse des conduits numériques, produit de nouvelles perspectives contagieuses. Ces dispositifs de présentations interrogent aussi la place du spectacteur selon la terminologie de Jacques Rancière. ALA construit ses réseaux de diffusion de paresse en interrogeant l’espace public et ses usages. Le flash mob invite à un nouvel usage de celui-ci par la lenteur, l’inactivité, l’improductivité. La non exposition et sa projection d’une correspondance insolite entre le directeur du lieu et elle, est une mise en vue d’échanges pour des passants qui ignorent tout de l’intentionnalité de celle-ci.

La paresse comme pratique artistique d’un nouveau genre d’art ?

Art invisuel : réception, médiation & économie ?

Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui, car, comme le suggère Mona Chollet dans son ouvrage « Chez Soi » (p. 144), je veux résister au capitalisme en dormant.

ALA, le 30 juin 2020

Entre 2020 et 2023, ALA agit sous le pseudonyme de Another Lazy Artist (12) . Elle a adopté le journal comme format où de manière apériodique, elle explique les raisons pour lesquelles elle ne crée pas d’œuvre d’art. Ces énoncés artistiques sont visibles sur plusieurs réseaux sociaux dont une page dédiée dont le contenu ne lui appartient pas selon le règlement de la plateforme sociale Facebook. Elle décrit dans un entretien dans la Revue de Paris (13) l’aproductivité, qui consiste en un positionnement ferme de ne plus produire d’œuvres d’art tout en travaillant de manière infiltrée dans le secteur de l’art. La paresse présente en tant que pratique artistique, les caractéristiques de l’art invisuel. L’art invisuel est un nouveau genre d’art qui, délesté des terminologies héritées des arts visuels, se définit par des ensembles posturales qui infiltrent le réel sans volonté, ni intention de produire des œuvres d’art. Héritage des Situs et de Dada, l’art invisuel se propose comme alternative aux normes et codes du marché de l’art et des institutions publiques. La paresse ne produit pas d’œuvres mais elle produit des correspondances, des chartes, des récits, des projections et des activations.

La paresse en tant qu’économie est elle contributive ?

La paresse peut-elle être rémunérée ?

Pourquoi les artistes et leurs pratiques échapperaient à ces assignations s’ils conçoivent l’état d’artiste comme un métier quelle que soit sa pratique ?

C’est sur ces quelques questions, que nous souhaitons clôturer ce premier état des lieux de la paresse comme un état d’art afin d’élargir la réflexion sur son aire d’action.

Un texte poétique, non critique

Crédits photo : Another Lazy Artist

  1. Les Apéros de la Flemme : apéro mensuel organisé par des membres du Laboratoire de la Paresse ayant eu lieu dans un salon Messenger.
  2. Street Works : les Street Works sont un ensemble de pratiques furtives qui ont eu lieu pour la première fois en 1969 à New York. Street Works New York 1969, par Sophie Lapalu, les éditions Universitaires de Vincennes. http://sophielapalu.blogspot.com/2020/07/street-works-new-york-1969.html
  3. Ghislain Mollet-Vièville se définit ainsi : « Je me suis défini comme agent d’art car mes activités consistent principalement à assurer la promotion de l’art minimal et conceptuel jusque dans ses développements aujourd’hui : conférences dans les musées, universités, entreprises privées et publiques, constitution d’archives réputées comme la source d’information indispensable à bon nombre de collectionneurs, conservateurs, critiques et professionnels divers, articles dans la presse spécialisée, organisation d’expositions et participation à des ventes publiques, expertises… composent ainsi mon aventure artistique liée à une communication avec un public le plus large possible. » http://www.conceptual-art.net/collection.html
  4. Page facebook de Another Lazy Artist : https://www.facebook.com/Another-Lazy-Artist-103413664522082
  5. Le Laboratoire de la Paresse est un groupe privé sur Facebook où sont rassemblés des artistes et des non-artistes pour lesquels la paresse est un terrain proche ou lointain de leurs activités artistiques.
  6. Méritocratie : désigne une hiérarchie sociale fondée sur le mérite de l’individu.
  7. Alexandre Gurita est artiste invisuel et capteur d’institutions qui opère sous différentes identités. Ces pratiques questionnent la nature hégémonique des arts visuels au sein de l’art, le statut de l’œuvre d’art, de sa réception, le statut d’auteur et le marché de l’art. Les artistes dont les pratiques sont invisuelles, refusent les conventions d’usages qui définissent l’art depuis la Renaissance.
  8. Art invisuel : « L’invisuel est visible, mais pas en tant qu’art. Les pratiques invisuelles se manifestent autrement que sous forme d’œuvre d’art. Elles sont inscrites dans la réalité quotidienne à tel point qu’on ne peut pas toujours les distinguer de ce qui les entoure. Elles n’ont d’ailleurs pas besoin d’être vues et/ou partagées pour exister. » http://www.enda.fr/intervenant/alexandre-gurita/
  9. École nationale d’art de Paris (ENDA) : structure d’enseignement créée et dirigée par Alexandre Gurita (http://www.enda.fr/). Elle fait suite à l’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques (IHEAP), créé en 1985 par Pontus Hulten, également cofondateur du Centre Pompidou, à la demande de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Conçu par la Ville de Paris comme une alternative à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, l’IHEAP développait des contenus pédagogiques inspirés du Bauhaus et du Black Mountain College.
    L’institut a fermé en 1995. Après la captation du nom et la réactivation de la structure par Alexandre Gurita en 2012, Daniel Buren — artiste, enseignant à l’IHEAP et directeur de l’établissement de 1994 à 1995 — a engagé une procédure judiciaire à l’encontre de l’IHEAP nouvelle version. Cette action a conduit à une troisième modification du nom de la structure. Avant d’être l’IHEAP puis l’ENDA, celle-ci avait été fondée en 2008 sous le nom de Collège de la Biennale de Paris.
  10. Elle fait suite à l’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques (IHEAP), créé en 1985 par Pontus Hulten, également cofondateur du Centre Pompidou, à la demande de Jacques Chirac, alors maire de Paris.
  11. Conçu par la Ville de Paris comme une alternative à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, l’IHEAP développait des contenus pédagogiques inspirés du Bauhaus et du Black Mountain College.
  12. L’institut a fermé en 1995.
  13. Après la captation du nom et la réactivation de la structure par Alexandre Gurita en 2012, Daniel Buren — artiste, enseignant à l’IHEAP et directeur de l’établissement de 1994 à 1995 — a engagé une procédure judiciaire à l’encontre de cette nouvelle version. Cette action a conduit à une troisième modification du nom de la structure.
  14. Avant d’être l’IHEAP puis l’ENDA, celle-ci avait été fondée en 2008 sous le nom de Collège de la Biennale de Paris.
  15. Featuring citationnel : utiliser une pratique ou un texte d’auteur et le citer sous la forme des duos appelés Featuring dans la musique populaire actuelle.
  16. Stephen Wright : critique et théoricien canadien ayant formulé le concept d’« un art sans œuvres, sans auteurs et sans spectateurs », concept qu’il a présenté dans un texte édité une première fois dans le catalogue de la XVe Biennale de Paris et dans la Revue de Paris. http://www.revuedeparis.fr/vers-un-art-sans-oeuvre-sans-auteur-et-sans-spectateur/
  17. I am another Lazy Artist. https://fr-fr.facebook.com/imanother.lazyartist.7
  18. Fondée en 1829, la Revue de Paris a été captée en 2020 par Alexandre Gurita pour y produire de nouveaux horizons pour l’art. http://www.revuedeparis.fr/a-propos/

*Aproduction est le terme par lequel Alexandre Gurita a qualifié la pratique d’ALA (réf. texte Revue de Paris). Aproductif : désigne une pratique dans laquelle il n’y a pas de production d’objet d’art, mais où quelque chose advient néanmoins.

Marie Julie
Micro-biographie
« Je est un autre », Arthur Rimbaud
Artiste et auteure indisciplinée indépendante, Marie Julie est née à l’île de la Réunion. Elle joue avec les codes, les situations et les médiums « toujours pour rencontrer l’autre ». Diplômée d’écoles d’art et d’universités, cette insulaire continentale refuse les catégories, les assignations, les définitions et travaille à rendre poreux ses champs d’investigations qui deviennent solubles dans sa praxis artistique et sa vie.

Micro-bibliographie
Rouge Gorge 6, Antonio Gallego et José Maria Gonzalez, 2007
La Route, catalogue d’exposition collective, ESAR, 2009
La grève des déambulants, Art et Anarchie collectif, éditions K’A, 2015
Fragments 8.03.06 06:11 – Temps solaire le chien méchant,  Écart, Diaph 8, 2019
Les entrechocs de Vautier et les entrelacs de Matisse, catalogue, « Tout va bien Monsieur Matisse », 2020
Le coefficient de joies vécues, La Revue de Paris, 2020

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